🕊 Remarques sur la version de la Bible
de M. Louis Segond (2)

Analyse critique et secrets d'une traduction controversée.

Les dangers cachés de la Bible Segond 1910.

Une version frelatée qui nie la divinité de Christ.

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Remarques sur la version de la Bible de M. Louis Segond
Remarques sur la version de la Bible de M. Louis Segond

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Remarques sur la version de la Bible de M. Louis Segond (2)

Réflexions

Nous faisons remarquer aux lecteurs que le texte original de Gustave-A. Krüger, que vous avez sous les yeux, n'a été altéré en aucune façon, toutefois nous y avons ajouté des annotations ici et là qui font part de nos réflexions concernant le texte dévoyé de la Bible Segond. Soulignons dès le départ quelques-uns des faits les plus importants qui sont à la source de tous les problèmes de la version Segond.

Premièrement il est rapporté avec assurance, dans plusieurs écrits du 19e siècle, que Louis Segond ne croyait pas à la divinité de Christ. Ce fait seul serait suffisant pour qu'un christien réel jette cette version dénaturée aux oubliettes. Il ne suffit pas de simplement faire des corrections dans cette version frelatée de la Bible, tellement son texte est pollué, mais de la proscrire afin qu'elle disparaisse des archives historiques. Pourquoi utiliser une telle version, pourquoi persister à y faire des modifications dans une tentative futile d'améliorer son texte dévoyé, lorsque nous avons de très bonnes versions fidèles à la divinité de Christ dans celles de la Martin et de l'Ostervald? Quelle est cette obsession parmi ceux qui se disent chrétiens et qui affirment reconnaître la divinité de Christ, de s'attacher obstinément à une version de la Bible qui s'attaque à cette doctrine essentielle? Le christianisme moderne aurait-il cessé de croire en la divinité de Christ tout en déclarant le contraire? Les croyants sont-ils devenus si ignorants et indolents qu'ils n'ont plus aucun discernement de la vérité et qu'ils en demeurent dans une indifférence totale? En sommes-nous rendu au point qu'on peut se dire chrétien tout en refusant la déité au Seigneur Jésus-Christ? Tout semble indiquer que oui et que le christianisme moderne a sombré dans l'apostasie la plus incisive de son histoire.

Deuxièmement, la traduction de Louis Segond et de son collègue Hugues Oltramare, fut faite sur la base de l'édition critique de Konstantin Tischendorf, un texte corrompu et adultéré fait d'une compilation du Codex Sinaïticus, frère du Codex Vaticanus. Ces deux textes de la Septante, en provenance de la cinquième colonne de l'Hexaple d'Origène d'Alexandrie, sont les plus défectueux et corrompus de toute la masse des manuscrits en existence, ils ont comme caractéristiques communs de diluer la divinité de Christ dans un grand nombre de lectures. D'ailleurs, la commission d'experts, dont plusieurs d'eux ne croyait pas non plus en la divinité de Christ, chargée de superviser son travail fut en réalité celle du Cardinal Newman en 1881 qui adoptèrent le Texte Critique ou Texte Falsifié du Nouveau Testament compilé par les deux plus grands apostats de la Critique Textuelle, Wescott et Hort. «Qui est menteur, si ce n'est celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l'anti-Christ, qui nie que le Père soit même le Fils.» (1 Jean 2:22) Ces points doivent nous interpeller tous, aucun christien réel ne peut rester indifférent devant de telles aberrations.

Dans la préface du Nouveau Testament d'Oltramare 1872, nous voyons qu'il est dit astucieusement par la Compagnie des pasteurs de Genève:

«Dirigée par le désir de remplir fidèlement un mandat séculaire, mais sentant de plus en plus la haute convenance d'une œuvre homogène, la Compagnie reconnut, il y a quelques années, la nécessité de modifier notablement le programme des travaux qui lui incombaient comme gardienne d'un dépôt sacré. Elle jugea que le meilleur moyen de répondre aux exigences de la situation, c'était d'encourager de son appui une œuvre individuelle, placée sous son contrôle officieux, et soumise ultérieurement à son approbation. C'est dans ces conditions, heureusement réalisées, et sur le préavis favorable de ses commissaires, qu'elle offre aux fidèles de notre Église, la version du Nouveau Testament due aux soins de M. le pasteur et professeur Oltramare, et qu'elle peut leur annoncer comme prochaine la publication parallèle d'une version de l'Ancien Testament par M. le Dr Segond... M. Oltramare a cherché à donner pour base à son travail ce qu'il y a de plus sûr en fait de texte grec. En conséquence, il ne s'est pas conformé au texte publié précipitamment en 1516 par les soins d'Érasme, d'après des manuscrits ne remontant qu'au quinzième et au treizième siècle, revu plus tard par Théodore de Bèze, reproduit par Robert Étienne et popularisé par les éditions des Elzévirs, sous le titre imposant de texte reçu. — Répondant à un vœu de la Compagnie des pasteurs, le traducteur a mis à profit les résultats les plus positifs de la science: il a utilisé particulièrement les travaux récents du Dr Tischendorf sur les manuscrits du Nouveau Testament, sans suivre toutefois son guide d'une manière aveugle et servile. Ceux qui savent que l'autorité des plus anciens textes (Vaticanus et Sinaïticus) est le grand principe d'après lequel cet illustre critique se décide en cas de variantes, et que l'histoire des manuscrits les plus célèbres remonte jusqu'au quatrième siècle, ne verront pas une témérité novatrice dans la préférence habituelle que M. Oltramare donne à sa recension sur un texte arbitrairement adopté...»

En plus, dans un même esprit de finesse, nous trouvons dans la Revue Mensuelle «Le Livre» publiée à Paris en 1880, qu'il est écrit:

«Dans le domaine théologique, Genève s'est surtout attachée à perfectionner les versions de la Bible. En 1805 paraissait dans notre ville une traduction nouvelle de l'Ancien, et, en 1835, du Nouveau Testament. En 1874, à un demi-siècle de distance, deux professeurs de la Faculté de théologie attachée à notre Académie, devenue depuis Université, MM. Louis Segond, docteur en théologie, et Hugues Oltramare, publiaient chez Cherbuliez une version complète des Livres saints, dans laquelle M. Segond, qui professe l'hébreu, s'était chargé de la traduction du texte hébreu (la Sainte Bible, Ancien Testament, 2 vol. in-8°), tandis que son collègue à la chaire d'exégèse du Nouveau Testament livrait la traduction du texte grec (le Nouveau Testament, 1 vol., même format). Depuis cette date, M. Segond a encore entrepris et achevé pour son compte une traduction du Nouveau Testament (d'après les mêmes manuscrits employés par Oltramare), de manière à pouvoir publier toute la Bible sous son nom. À côté de l'édition de Genève, il a paru aussi à Oxford une jolie édition populaire de la Bible complète, version Segond. Si l'on compare, pour le Nouveau Testament, Segond et Oltramare, on voit que la première de ces deux traductions ne s'est séparée des anciens et meilleurs ouvrages de ce genre que là où c'était nécessaire, tandis que M. Oltramare a rompu plus carrément avec ses devanciers.»

La source de la foi ayant été polluée par l'éclectisme raffiné d'une Compagnie de pasteurs de Genève sous prétention d'en maintenir la pureté, la voie vers l'apostasie finale de l'arminianisme fut grande ouverte. Les partisans du libre-choix ont réussis à écarter les gens de la vérité du Texte Reçu qui occasionna la Réforme et pour lequel des millions de chrétiens ont versé leur sang en témoignage.